À l’heure où la parité entre homme et femme est au cœur de l’actualité, on peut se demander si les différences entre garçon et fille sont génétiques ou juste le fait de l’éducation, de la religion ou autre.
Les jeux que l’on attribue aux uns et aux autres le montrent bien : depuis toujours, on a considéré qu’il y a les jouets pour filles et les jouets pour garçons. Cela permettait d’identifier les comportements que l’on attend de chaque sexe en fonction de critères déterminés. Comment sortir de ces stéréotypes ? Faut-il laisser jouer les enfants avec les joujoux de l’autre sexe ? Faut-il gommer les différences à travers les jeux ? À partir de quel âge les jouets deviennent-ils sexués ?
C’est souvent nos tout petits eux-mêmes qui nous donnent les réponses….En les regardant jouer, on peut mieux les comprendre, saisir leurs pensées, leurs intérêts, et ce qui les influence.
L’important, après tout, c’est l’égalité pas la différence !
 
Quand une petite fille naît, famille et amis ont immédiatement le réflexe d’offrir une poupée. Ce sera une voiture ou un jouet, dit viril, pour un petit garçon. De la même façon, il est encore difficilement imaginable d’attribuer une layette rose à notre petit bonhomme. Les vieux codes ont la vie dure ! S’il semble acquis qu’une partie des préférences ludiques des enfants soit génétique, l’attitude des mamans joue un rôle essentiel dans leurs choix. Des études sur le sujet (étude Fisher Price - octobre 2004) montrent qu’elles restent assez attachées aux vieilles habitudes et que ce sont elles qui entretiendraient les principes. Même si elles admettent que les filles peuvent avoir les mêmes activités que les garçons, le contraire n’est pas encore totalement vrai. Un petit garçon qui joue à la poupée, c’est encore un rien mal perçu, eh ! oui.
Et pourtant, un nouveau-né est à des lieux de savoir ce qu’est une fille ou un garçon, et de percevoir le sexe des jouets qu’on lui propose.
Dans cette première période de la vie, l’énergie d’un bébé est entièrement centrée sur les apprentissages majeurs. Découvrir le monde qui l’entoure, les choses qui bougent, qui font du bruit, qui sont douces ou rugueuses, le goût des aliments, apprendre à marcher, à parler etc. voilà ses centres d’intérêt prioritaires et totalement dépourvus d’un genre quelconque.
Et si, parmi les joujoux, votre petit garçon se prend d’affection pour une poupée, ou votre fille pour un camion, pourquoi pas ? L’important pour lui est d’avoir un objet préférentiel, ce qu’il représente est secondaire.
Pour sortir des stéréotypes sans choquer votre entourage (les grands parents sont souvent très sensibles aux vieux principes) abandonnez définitivement les couleurs traditionnellement identifiées à un sexe comme le rose et le bleu. Choisissez la neutralité : le jaune, le vert, le blanc, l’orange…la palette est assez vaste.
De la même façon, optez pour des jouets non sexués : peluches, nounours, mobiles, hochets, tapis d’éveil, cubes. Tous les jeux d’éveil conviennent également parfaitement aux deux sexes qui en retirent un maximum de plaisir et de connaissances.
Cette neutralité incitera votre entourage à rester dans la même tonalité et à éviter les cadeaux trop codifiés.
 
La personnalité de votre tout petit et ses préférences en terme de jeux se manifestent de plus en plus et se confirment, sans que la différenciation de sexe soit évidente. Écoutez-le ou la, observez-le ou la pour mieux comprendre quels jouets conviendront le mieux pour accompagner son développement et correspondre à ses attirances. Jouer est important pour sa construction physique et psychique.
Dans cette période, votre bébé va déborder d’activités, mais aura besoin cependant de pauses tranquillité. Ce rythme est nécessaire à son équilibre.
Et n’oubliez pas qu’une fillette peut aimer autant taper dans une balle que son frère ou son cousin et, à l’inverse, que ceux-ci peuvent adorer rester tranquillement à faire des dessins.
D’ailleurs, même si le temps n’est pas encore venu de partager les jeux (jusqu’à 4 ans, les enfants ne jouent pas ensemble, mais côte à côte), ils se saisissent souvent indifféremment des jouets qui se trouvent à leur portée et veulent, de préférence, celui que tient son voisin ou sa voisine !
Fille ou garçon, le plus important pour votre tout petit est d’être stimulé dans ses apprentissages. Pour apprendre à se concentrer, proposez-lui par exemple des puzzles, des jeux d’adresse, des dessins et des coloriages, les premières pâtes à modeler et ses premiers livres d’images.
Pour l’aider à se repérer dans l’espace, les jeux de construction favorisent la perception des volumes et des équilibres. Pour maîtriser la marche, les jouets à traîner et à tirer sont d’excellents alliés etc.
Et dans tous ces cas, l’identification sexuelle est nulle.
Si votre petite fille est plus casse-cou et énergique que votre petit garçon, c’est sa nature ! Et si votre bambin est plus calme que sa sœur, c’est sa personnalité, tout simplement.
Les premiers signes de différenciation de l’un et l’autre vont apparaître au moment de l’acquisition de la propreté. Naturellement ils vont comprendre en quoi, physiquement, ils diffèrent.
C’est à vous d’accompagner ces révélations de leurs différences sans que cela génère des inégalités.
Si vous avez des enfants de sexes différents, optez pour un coffre à jouets commun, comportant jouets de filles et jouets de garçons mélangés. Ainsi, dès le début, eux-mêmes sauront que toutes les sortes de jouets leur sont accessibles. Ils joueront naturellement avec tous. Et plus tard, vous leur ferez échapper sans complexe à des dictats encore bien ancrés qui attribuent des rôles prédéfinis à chaque sexe.
Et si votre tout petit est encore seul, ne favorisez pas non plus les jouets traditionnellement destinés à son sexe. Faites voisiner tous les genres en bonne intelligence.
 
À partir de cet âge débute l’acquisition des rôles sexuels. Les processus d’imitation et d’identification aux membres de l’entourage, parents, frères et sœurs, vont avoir une influence capitale sur votre tout petit. C’est maintenant que va se faire la transmission des règles de comportement social. Inutile de dire que vous êtes au cœur de ces évolutions !
Vers 3 ans, une fille sait qu’elle est une fille, et un garçon qu’il est un garçon. Chacun a compris en quoi il ressemble à leur papa ou à leur maman et voudra sans doute pousser l’imitation plus loin. Les déguisements sont là pour ça !
Ensuite, laissez la liberté aux uns comme aux autres de choisir : si votre fils veut faire de la danse et votre fille du judo, pas de problème. Si elle préfère le vélo à la dînette, pourquoi pas ? Et si votre petit homme adore faire le ménage, laissez le faire ! « Je suis un papa ! disait fièrement mon petit garçon de 3 ans, quand une dame se moquait de lui car il promenait sa poupée dans sa poussette ».
Accepter la part de féminité de votre petit garçon est aussi important que de valoriser l’attitude battante et volontaire de votre petite fille, que la société actuelle approuve plus qu’autrefois !
Le principal pour l’évolution de votre tout petit, c’est de devenir un enfant équilibré et heureux. Son entrée à l’école va le confronter aux tabous, à des codes encore bien vivaces de la société, aux attitudes arbitraires et injustes qui, bien que difficile à accepter, renforcent au final ses propres choix. Si vous l’avez habitué à considérer les enfants de l’autre sexe comme des égaux, il ou elle sera plus à l’aise dans sa nouvelle vie avec les autres.
Usez et abusez des histoires et des contes pour faire passer le message de l’égalité des sexes, mais en les aménageant pour montrer que garçons et filles peuvent vivre les mêmes choses : Cendrillon peut devenir Cendrin, Le Petit Poucet peut être Poucette et les fées des magiciens…Avec le même intérêt, le même scénario et le même suspense.
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